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Lors d'une récente apparition dans l'émission matinale de France Inter, l'équivalent français de l'émission de CNN, Le plomb avec Jake Tapper ou MSNBC Matin Joe—Le penseur progressiste américain Yascha Mounk s’est retrouvé dans la situation délicate de devoir vérifier les faits de deux invités de marque au sujet des déformations extravagantes des propos de Charlie Kirk, figure conservatrice américaine, à la suite de son assassinat.
Amy Greene, une Franco-Américaine liée à l'Institut Montaigne, un groupe de réflexion ouvertement pro-Macron, a, à tort, proféré des insultes racistes comme « chink » contre Kirk, en référence aux insultes racistes de Cenk Uygur par Mounk dans le podcast The Young Turks. Le Monde La journaliste Ivanne Trippenbach a déformé ses propos pour affirmer que les femmes noires manquaient de « matière grise » pour certains emplois. Mounk a clarifié la situation, et l'échange a explosé en ligne, mettant en lumière ce qu'il qualifie de « désinformation des élites » dans les médias français.
Il est révélateur que Mounk ait résisté si vivement, compte tenu de son régime alimentaire régulier et Washington post et ses apparitions aux États-Unis aux côtés de censeurs effrontés comme Renée Di Resta, ancienne de l'Observatoire Internet de Stanford. Mais ce moment sur France Inter l'a touché de près : il a donné à Mounk un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler l'Amérique si les voix officielles éclipsaient tout le reste.
Certes, les médias traditionnels américains colportent leur lot de mensonges raffinés et idéologiques, mais la version française paraît plus éhontée, moins voilée. L'écart se résume à des contre-pouvoirs. Ici, aux États-Unis, des centaines de podcasts surpassent les médias traditionnels, démantelant sans relâche cette propagande.
En France ? Pas vraiment, malgré la résistance courageuse de quelques acteurs. Ce vide trouve son origine dans trois phénomènes : un cadre juridique répressif ancré dans une obsession jacobine pour une « volonté générale » monolithique ; un paysage médiatique étranglé par les monopoles étatiques et oligarchiques ; et un piège culturel subtil où les nouveaux venus adoptent sans le savoir le scénario de l'establishment.
Comme l'illustre si bien l'échange de Mounk, ce manque de résilience des médias français comporte de profonds enjeux pour l'Amérique. Tous les Américains ne partagent pas le même réticence instinctive que Mounk face aux excès de pouvoir officiels ; en effet, beaucoup sont attirés par le modèle jacobin précisément parce qu'il offre un réconfort psychologique – une illusion d'harmonie imposée d'en haut. Ce n'est pas un hasard si le magazine phare de l'aile idéologique montante du Parti démocrate, défendue par des personnalités comme Zohran Mamdani, porte ce nom. jacobin.
On pourrait même considérer l’élection présidentielle de 2024 comme une fracture sismique dans la psyché américaine : une collision brutale entre ceux qui adhèrent et ceux qui rejettent ce que le commentateur Auron McIntyre a appelé « l’État total » – un appareil de contrôle omniprésent.
Dans ce drame transatlantique, la France apparaît comme la véritable ligne de front, plus que le Royaume-Uni ou l'Allemagne, car c'est là que l'éternel conflit entre la mainmise de l'administration et le souffle vital fait rage depuis le plus longtemps dans la conscience nationale. Cela fait de la France la cible privilégiée des mastodontes bureaucratiques de l'UE, comme le tristement célèbre Digital Services Act (DSA) et le mal nommé European Media Freedom Act (EMFA), qui consacreront leur énergie à démanteler un écosystème déjà fragile de médias et d'éditeurs indépendants. Si cet équilibre fragile venait à se rompre en France, la conquête psychologique de l'Europe par un autoritarisme à la chinoise deviendrait non seulement plausible, mais inévitable.
Cet article aborde les menaces interdépendantes qui pèsent sur le paysage médiatique et de la parole en France – menaces juridiques, économiques et culturelles – tout en traçant la voie à suivre. Des États-Unis portés par le mouvement MAGA pourraient profiter de la faiblesse du centre extrême français pour y expérimenter une diplomatie de la liberté d'expression.
De retour du bord du gouffre, les États-Unis peuvent se rétablir comme leader du monde libre en envoyant une bouée de sauvetage aux médias libres en difficulté en Europe, en exportant l'insurrection américaine du podcast, en défiant le pouvoir concentré et en inspirant une innovation révolutionnaire pour nourrir une scène médiatique française où la vérité non filtrée a enfin de l'espace pour respirer.
Racines historiques : des idéaux révolutionnaires aux contraintes jacobines
L'approche française de la liberté d'expression est on ne peut plus éloignée de la mêlée générale anglo-américaine. Elle puise son inspiration dans le modèle jacobin, faisant écho à la « volonté générale » de Rousseau, une noble justification pour étouffer la dissidence au nom de l'harmonie collective. Les défenses américaines classiques de la liberté d'expression : la parole comme moteur de l'autonomie, forge chaotique de la vérité (le vieux marché des idées de John Stuart Mill et Oliver Wendell Holmes), étincelle pour des citoyens vertueux (à la Brandeis), ou simplement folie de toute censure ? Ces arguments sont peu perceptibles dans la France jacobine.
Même les points de repère Art. 10 et 11 de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen et la 1881 Loi sur la liberté de la presse — nés de rares floraisons libérales classiques — témoignent de cette tension. Bien que ces instruments affirment solennellement la liberté de pensée, d'expression et les droits d'impression et de publication, ils laissent de larges failles en matière d'abus, propices à des restrictions ultérieures. La première véritable faille est apparue dans des circonstances particulièrement révélatrices : la loi Marchandeau de 1939, votée à la hâte dans l'ombre nazie, interdisait les diffamations et les affronts racistes, ouvrant la voie à des restrictions de contenu plus larges. Elle démontre plutôt que même le régime de censure le plus moralement justifié, dans le meilleur des cas, a toujours des précédents dangereux… et de toute façon, il n'arrête pas les nazis ! La censure est comme l'anneau de pouvoir de Tolkien. C'est une force qui ne peut être exploitée pour le bien.
Après la guerre, l'élan s'est intensifié avec la loi Pleven de 1972, instaurant de vastes restrictions de contenu destinées à attiser la « discrimination, la haine ou la violence » liées à l'origine ethnique, la nationalité, la race ou la religion. Elle a donné à une liste d'ONG de lutte contre le racisme et de défense des droits humains, telles que le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) ou la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), les clés des poursuites civiles devant les tribunaux pénaux – une liste qui s'est allongée au fil des décennies –, contournant ainsi les procureurs et contraignant l'État à réprimer la liberté d'expression. La plus haute juridiction européenne a entériné cet état d'esprit dans sa décision de 1976. Handyside Décision. Comme l'a déclaré l'ancien greffier Paul Mahoney, elle a intégré un « pouvoir discrétionnaire pro-gouvernemental », permettant aux nations d'adapter les restrictions à leurs « particularités culturelles ».
Les 1990 Loi Gayssot Il a intensifié les choses, modifiant la loi de 1881 pour interdire le négationnisme et le minimiser, le rapprochant des verdicts de Nuremberg de 1945, tout en dotant les « associations mémorielles » comme le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) de moyens judiciaires importants. Cela a déclenché une vague de « lois mémorielles » sous le Premier ministre socialiste Lionel Jospin (1997-2002) et les gouvernements de centre-droit du second mandat de Jacques Chirac, codifiant l'histoire approuvée par l'État. Un exemple particulièrement étrange est la loi de 2001 sur le génocide arménien, qui contenait un article unique : « La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915. »
La même année, la majorité socialiste a fait adopter la loi sur la traite transatlantique des esclaves, qualifiant la traite transatlantique et celle des esclaves dans l'océan Indien de « crimes contre l'humanité » et autorisant des poursuites pour racisme contre ceux qui contesteraient cette qualification. Quelques années plus tard, le gouvernement de centre-droit de Dominique Villepin a défendu cette loi source de divisions. Loi de colonisation de 2005, obligeant les manuels scolaires à vanter l’héritage colonial « positif » de la France.
Du jour au lendemain, l'histoire s'est transformée en un champ de mines de dogmes applicables. L'introduction de la loi sur la traite négrière a piégé l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, dont l'ouvrage primé Les Traités Négrières (La traite des esclaves) a été traduit en justice pour avoir « minimisé » l’esclavage — simplement en remettant en question sa conformité avec la définition du droit international d’un génocide et pour avoir exploré l’existence de la traite des esclaves arabes et africains.
La nuance se mue en négation, et les poursuites se multiplient : Michel Houellebecq, Éric Zemmour, Jean-Marie Le Pen, Oriana Fallaci, Renaud Camus, Alain Finkielkraut : la liste des personnalités poursuivies est longue. Parfois même, elles sont reconnues coupables de négation ou de minimisation d’un crime contre l’humanité, comme Zemmour et Le Pen. Nouvel outrage : le Franco-Camerounais Charles Onana et son éditeur Damien Serieyx sont condamnés pour… Holocauste Congo : L’Omerta de la communauté internationale (Rwanda, la vérité sur l'opération Turquoise). Ils étaient coupable de minimiser le génocide rwandais.
Le tournant numérique : de la régulation de l’économie numérique au contrôle des contenus (années 2000-2010)
Alors que l'immigration de masse est devenue une préoccupation majeure des électeurs, lorsque Jean-Marie Le Pen a été invité au second tour de l'élection présidentielle en 2002 ou lorsque le banlieueAvec les émeutes de 2005, la tentation de contrôler toute expression sur le web est devenue irrésistible. Présentées comme des mesures d'intendance numérique, ces manœuvres ont discrètement piégé les franges politiques et les contestataires du discours.
La Loi pour la Confiance dans l'Économie Numérique (LCEN) de 2004 a établi un cadre permettant aux plateformes de gérer les contenus illicites et les a obligées à traiter les plaintes. Elle a instauré des obligations d'identification des éditeurs, des garde-fous pour le commerce électronique et des blocages de spam par consentement explicite. Inoffensif en apparence ? Pas vraiment : les petits caractères ont favorisé la surveillance via des obligations de modération.
Puis est venue la règle des « trois coups » de la loi HADOPI de 2009, donnant naissance à la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet (Haute Autorité pour l'Edition des Œuvres d'Art et la Protection des Droits sur Internet « HADOPI ») pour protéger les œuvres protégées par le droit d'auteur contre le piratage. La loi a été contestée devant la Cour constitutionnelle, qui a statué que seul un tribunal, et non l'agence HADOPI, pouvait ordonner une coupure d'internet en raison de son impact sur la liberté d'expression. Finalement, la règle des « trois fautes » s'est avérée, à l'époque, inapplicable et a été remplacée par un système d'amendes automatiques, abandonné au profit d'un système d'avertissements. Mais le renard était dans le poulailler. L'HADOPI a servi de catalyseur à l'idée que les habitudes en ligne devaient être surveillées en permanence par les bureaucrates de l'État.
Juste avant l'HADOPI, le ministère de l'Intérieur a dévoilé le Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements « PHAROS » (Plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des rapports), (en français), installé au cœur de la sécurité d'État, pour signaler la pornographie infantile. Il s'est glissé dans le signalement des éloges au terrorisme, des propos racistes, des insultes et des diffamations. Visitez le site, et la bannière crie haut et fort « Portail officiel de signalement des contenus Internet illicites » ; elle dit les choses telles qu'elles sont : un signalement autorisé par l'État.
La victoire d'Emmanuel Macron en 2017 face à Marine Le Pen a accéléré le besoin de contrôle, passant des infrastructures à l'idéologie. L'Agence de régulation de l'audiovisuel et de la communication numérique est entrée en scène. ARCOM (Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique), fusion en 2022 du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) né en 1986. L'ARCOM régule les secteurs audiovisuel et numérique. Elle attribue les fréquences aux stations de radio et de télévision tout en leur imposant un cahier des charges très précis.
Elle a pour mission de veiller au respect de la dignité humaine et de la déontologie journalistique, et se positionne comme garante du pluralisme de l'information, notamment en garantissant un temps de parole équitable à tous les acteurs politiques en période électorale. Composée de neuf membres, elle devrait, en théorie, être une autorité publique indépendante, mais son président est nommé par le Président de la République, et ses autres membres par les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat, du Conseil d'État et de la Cour de cassation, pour un mandat unique de six ans.
Dans le domaine des médias et de la communication, la présidence Macron pourrait être qualifiée de dérive de la mission de l'ARCOM. Tout a commencé avec la loi de 2018 sur les « fake news », qui a permis à l'ARCOM de surveiller les flux étrangers en période électorale pour détecter la désinformation, accélérant ainsi les procédures de retrait sous 48 heures. Votre plateforme touche-t-elle plus de 5 millions de Français chaque mois ? Alors, préparez-vous à cracher des boutons de signalement, des aperçus algorithmiques, des audits annuels de désinformation… ou à comparaître devant les tribunaux.
Nommée d'après son initiatrice, la députée Laetitia Avia, la loi Avia de 2020 visait à lutter contre les contenus haineux sur Internet. Elle a considérablement accru la pression. Avec ses mandats de retrait sous 24 heures, le texte était si scandaleux qu'il a été partiellement annulé par le Conseil constitutionnel. pièce de résistance La création de l'Observatoire de la haine en ligne de l'ARCOM, chargé de la surveillance des discours, a permis à l'ARCOM de passer Internet au crible pour détecter les signes de mauvaise pensée.
L'une des batailles les plus flagrantes des années Macron a été la gestion des chaînes appartenant au groupe Vivendi du milliardaire Vincent Bolloré, en particulier C8 et CNews, sur fond d'accusations d'application incohérente du pluralisme et de la neutralité.
En juillet 2024, l'ARCOM a refusé le renouvellement de l'autorisation de diffusion hertzienne de C8, invoquant des violations répétées, notamment des fausses informations, des théories du complot et le non-respect du pluralisme, notamment lors de l'émission controversée Touche pas à mon poste de Cyril Hanouna, qui lui a valu une amende record de 3.5 millions d'euros en 2023 pour propos homophobes. Le Conseil d'État, la haute juridiction administrative française, a confirmé la décision en février 2025, entraînant l'arrêt de la diffusion de C8 le 28 février 2025, après la diffusion du film anti-avortement. ImprévuLes politiciens conservateurs français, dont Marine Le Pen, ont dénoncé cette mesure comme une « censure » et une menace pour le pluralisme des médias, déclenchant des protestations et des recours judiciaires.
Par ailleurs, CNews, la chaîne de Bolloré, souvent comparée à Fox News pour son conservatisme institutionnel, a été critiquée pour son manque d'équilibre éditorial, amplifiant prétendument les opinions d'« extrême droite » sur l'immigration, la criminalité et le climato-scepticisme. En février 2024, le Conseil d'État a ordonné à l'ARCOM d'enquêter sur CNews pour manque de pluralisme, suite à une plainte de Reporters sans frontières (RSF) la qualifiant de « média d'opinion ». À la suite de cette enquête, l'ARCOM a infligé des amendes, dont 80 000 € en juillet 2024 pour déni climatique incontesté et couverture biaisée des migrations, et 200 000 € auparavant pour incitation à la haine.
Le carcan européen : DSA, EMFA et surveillance supranationale
Les réglementations européennes n’ont fait qu’aiguiser la lame, ce qui n’est pas surprenant, sachant que nul autre que le Français Thierry Breton était commissaire au marché intérieur à l’époque où l’UE a décidé de se désigner elle-même comme la police du World Wide Web.
La tristement célèbre loi DSA de 2023 ouvre la voie à la censure, sous couvert de sécurité en ligne, avec transparence, responsabilité et contrôle des risques pour tous, des petites entreprises familiales aux plateformes de très grande diffusion comme Meta ou Google. Elle actualise des règles plus anciennes, comme la directive sur le commerce électronique, exigeant des plateformes qu'elles suppriment rapidement les contenus illégaux (par exemple, les discours de haine, la désinformation ou les contenus liés à l'exploitation des enfants) et impose de nombreuses obligations aux diffuseurs, bien sûr beaucoup plus faciles à respecter pour les grandes plateformes « adoptées par des avocats » que pour les petites et moyennes entreprises. Les sanctions peuvent être lourdes. En cas de non-censure des « contenus illégaux », les plateformes s'exposent à des amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d'affaires mondial et à une suspension potentielle.
Un élément particulièrement problématique de la DSA est le dispositif de « signaleurs de confiance » prévu à l'article 22, qui charge des organisations indépendantes dotées d'une « expertise avérée en matière de détection de contenus illicites », telles que les ONG, les organismes gouvernementaux et les associations professionnelles, de signaler les contenus de désinformation. Ces entités reçoivent une certification des coordinateurs nationaux des services numériques, comme l'ARCOM, et peuvent signaler les contenus suspects directement aux plateformes, qui doivent ensuite hiérarchiser et examiner ces signalements « rapidement » (souvent en quelques heures) sans retard excessif.
L'Union européenne est allée encore plus loin récemment en lançant un véritable ministère de la Vérité avec l'EMFA, un règlement adopté le 11 avril 2024 et défendu par d'ardents défenseurs de la surveillance comme Sabine Verheyen (Allemagne), Geoffroy Didier (France) et Ramona Strugariu (Roumanie) du Parti populaire européen (PPE) et de groupes alliés. Présenté comme une garantie pour les journalistes, l'EMFA instaure un système de contrôle supranational centralisé sur les services de médias – de la télévision et des podcasts à la presse en ligne et aux petits créateurs – via une structure pyramidale reliant les régulateurs nationaux comme l'ARCOM française à un nouveau Conseil européen des services de médias (EBMS) (à l'instar du Conseil de gouvernance de la désinformation, qui a échoué, tenté de le faire par l'administration Biden).
Remplaçant le Groupe des régulateurs européens des services de médias audiovisuels (ERGA), l'EBMS supervise les marchés, arbitre les litiges et modère les contenus, la Commission européenne exerçant une influence significative grâce à son rôle de secrétariat et à ses pouvoirs consultatifs. L'article 4 protège ostensiblement les sources en interdisant les divulgations forcées ou les logiciels espions, mais autorise de vagues exceptions d'« intérêt public supérieur », permettant potentiellement des actions urgentes sans autorisation judiciaire préalable, compromettant ainsi l'intégrité journalistique sous couvert de lutte contre le terrorisme.
D'autres dispositions institutionnalisent la censure et les préjugés. L'article 13 autorise le Conseil à restreindre l'accès aux médias non européens pour des raisons « géopolitiques » si deux États membres le demandent, tandis que l'article 17 coordonne les interdictions visant les médias étrangers présentant un « risque grave pour la sécurité publique » – des notions que les critiques qualifient de dangereusement extensibles. L'article 18 crée un système à deux vitesses, où seuls les médias « fiables » (validés par l'État) sur des plateformes comme les réseaux sociaux bénéficient d'un traitement préférentiel, établissant ainsi une distinction officielle entre le « bon » et le « mauvais » journalisme, selon des critères de conformité fixés par Bruxelles.
L'article 22 transfère la surveillance des fusions de médias du niveau national au niveau européen, invoquant des risques de « pluralisme » propices aux dérives idéologiques. En substance, l'AEMF rapproche l'UE de la théorie orwellienne. 1984, reflétant la loi de surveillance « Chat Control » dans la construction d’une « Chine occidentale » — un appareil de contrôle qui s’étend secteur par secteur sous la bannière du bien public, érodant la souveraineté et la liberté d’expression.
Concentration oligarchique et effet paralysant
Au-delà des lois qui feraient saliver les démocrates américains, les voix libres françaises doivent s’attaquer à un cartel médiatique en proie aux tentacules de l’État et des magnats.
A Exposé de décembre 2024 par la publication de gauche Basta! a montré que seuls quatre milliardaires contrôlent 57 % de l’ensemble des téléspectateurs français ; quatre contrôlent 93 % des journaux, et trois contrôlent 51 % des parts de marché des radios syndiquées : les principaux acteurs sont « LVMH » Bernard Arnault (Les Échos, Le Parisien), « Free » Xavier Niel (Le Monde, L'Obs), « Altice » Patrick Drahi (Libération, i24), « Vivendi » Vincent Bolloré (Canal+, JDD, Europe 1) et « CMA-CGM » Rodolphe Saadé. (BFM TV, RMC, La Provence, Corse Matin, La Tribune, désormais aussi clic-monstre Brut depuis sept. 2025). Mais basta ! il manque l’éléphant dans la pièce : l’État français possède les poids lourds : France Télévision, Radio France et France Média Monde (RFI, France 24).
Parmi les autres oligarques importants propriétaires de médias figurent le fabricant d'avions de combat Dassault (Le Figaro), le magnat de la construction, de l'immobilier et des médias Bouygues (TF1, LCI), la famille allemande Mohn (M6, RTL), le banquier Mathieu Pigasse (ex-Le Monde avec Niel ; chopé Les Inrockuptibles, Radio Nova), et l'oligarque tchèque Daniel Křetínský (Elle, Marianne, bref morceau du Monde).
Ce réseau de propriété brouille les frontières entre les vrais indépendants et les faux. Brut appartient désormais à Saadé, mais il a été lancé par les oligarques Xavier Niel et François Pinault (le beau-père de Salma Hayek). Des tubes « indé » comme Hugo décrypte (3.5 millions d'abonnés) ne sont indépendants que de nom, comme le montre le fait que la chaîne a invité Macron à deux reprises et a accueilli Volodymyr Zelensky pour une interview. Jamais de telles personnalités ne se risqueraient à des interviews risquées si ce n'était pas un forum sécurisé et sans enjeu.
La question est de savoir quel est le véritable critère d'indépendance. Dans le contexte actuel, les sanctions en sont un véritable indicateur. Autrement dit, si un média n'a pas été démantelé, piraté, banni par le gouvernement, qualifié de « désinformation russe » et n'est pas systématiquement qualifié d'extrême droite ou d'extrême gauche, alors vous êtes face à un média indépendant de nom seulement.
Les vrais indépendants peuvent alors brandir plus ou moins directement un drapeau partisan, comme TV Liberté avec le Rassemblement national et Frontières avec la Reconquête de Zemmour, tandis que d'autres sont plus flous, comme le « souverainiste » Tocsin, cofondé par la journaliste Clémence Houdiakova et l'économiste Guy de la Fortelle, le journalisme d'investigation Omerta, fondé par le reporter de guerre Régis le Sommier, le Putsch de Nicolas Vidal, inspiré des Gilets jaunes, et le QG, plus à gauche, fondé par Aude Lancelin. Il existe également de nombreuses chaînes YouTube à l'audience impressionnante, plus ou moins composées d'un seul homme, comme Idriss Aberkane ou Tatiana Ventôse, mais peu de véritables podcasts.
L'un des contrastes les plus frappants entre les médias indépendants français et américains n'est ni juridique ni financier, mais culturel. Si des géants américains comme Joe Rogan et Theo Von ont forgé des formats audacieux et innovants qui éclipsent leurs rivaux traditionnels en termes de portée et de pertinence, leurs homologues français succombent souvent à la « capture de modèle ». Ils finissent par faire de l'ombre aux méthodes bien rodées de l'establishment, suscitant des comparaisons inévitables – et peu flatteuses – avec leurs adversaires plus fortunés.
Bien que les médias traditionnels, comme le journal de 20h, aient perdu de leur prestige (le journal de TF1 comptait 10 millions de téléspectateurs il y a 15 ans, contre 5 aujourd'hui) et soient moins structurés pour influencer l'opinion publique française, ils restent hégémoniques. Parfois, ils touchent même davantage de lecteurs qu'à leur apogée, comme l'explique Édouard Chanot, journaliste de TV Libertés. Le Monde et Le Figaro dans son livre Brèches dans le Mainstream (Violations dans le courant dominant). Bien qu’ils suscitent de plus en plus de méfiance, les grands médias français comme BFM TV et France Inter sont moins l’objet de moqueries que CNN ou MSNBC, et ils ont moins de concurrence.
Prenons l'exemple de chaînes indépendantes comme Tocsin, Frontières ou TV Libertés : elles imitent fréquemment les émissions matinales extravagantes de deux heures ou les débats enflammés des chaînes traditionnelles, allant même jusqu'à aborder les mêmes sujets brûlants. Par exemple, je reçois souvent des demandes de sujets issus des médias grand public français, sur lesquels on me demande d'apporter mon propre point de vue. Mais je suis toujours surpris du nombre de sujets essentiels concernant les États-Unis qui restent tout simplement inconnus de mes interlocuteurs chez Tocsin (par exemple, les affrontements entre l'administration fédérale et les gouverneurs et maires démocrates au sujet des raids de l'ICE, ou encore le meurtre d'Irina Zaruska passé presque inaperçu).
Les séries indépendantes imitant les modèles grand public y parviennent avec brio, si l'on en croit les chiffres impressionnants de Tocsin (plus de 450 000 abonnés, 10 millions de vues par mois). Ces chiffres rivalisent avec ceux du grand public, et parfois même les surpassent. Mais ce format soulève une question fondamentale : pourquoi investir des ressources dans un modèle imitant le grand public alors que le public privilégie une approche brute et révolutionnaire ?
Ce jeu d'imitation est l'une des principales raisons pour lesquelles la France n'a pas connu la scission explosive qui définit la scène américaine — où des podcasts comme L'expérience Joe Rogan, Ce week-end dernier, ou The Tucker Carlson Show ne rivalisent pas seulement avec les médias traditionnels, mais les éclipsent, attirant le public par leur franchise sans filtre. Ici, le fossé de crédibilité découle directement du fossé de style : les dialogues longs imposent une honnêteté brute impossible à simuler.
Rogan, Von et Carlson incarnent cela. Essayez de débiter des mensonges pendant trois heures d'affilée, et la façade s'effondre à chaque fois. À l'ère de la bureaucratie scénarisée, ils ne sont pas que des artistes : ils sont le remède sans fard. Et ils ne se contentent pas de commenter la politique. Lorsque Theo Von donne la parole à un jeune fermier amish pendant plus de 90 minutes, 4 millions de téléspectateurs suivent l'émission, soit plus d'un million de plus que lorsque l'invité était JD Vance. La plupart des invités de Joe Rogan sont des humoristes, des professeurs de fitness, des athlètes et des entrepreneurs, générant souvent plus de vues que lorsque l'invité est un politicien ou un expert.
Pourtant, les obstacles culturels sont plus profonds. La France manque d'une culture Substack florissante, malgré une vague naissante d'écrivains qui y migrent. Trop peu sont capables de canaliser le flair stratégique des grands créateurs américains ou britanniques, qui exploitent la plateforme comme une forteresse pour un lectorat direct et fidèle, contournant ainsi totalement les contrôles.
L'insulte à l'injure est le fossé persistant en matière d'accès à l'information ; les médias grand public exercent toujours une emprise exclusive sur les puissants. Le Figaro Un initié a confié à Édouard Chanot que le dilemme auquel sont confrontés les médias indépendants est de savoir comment produire de l'information tout en étant loin de la source. Sans ce réseau d'initiés, les indépendants se retrouvent à la poursuite des échos plutôt qu'à la recherche d'informations de dernière minute.
Une opportunité pour la diplomatie américaine de la liberté d’expression ?
Dans son très important Essai Écrit juste après la victoire de Trump en novembre 2024, Nathan Levin, alias NS Lyons, auteur de Substack et aujourd'hui fonctionnaire du Département d'État, a formulé plusieurs mesures concrètes si la nouvelle administration souhaite remporter une victoire éclatante. L'une de ses recommandations les plus importantes concernait la privation de fonds du régime managérial en étranglant son réseau d'ONG. Voici ce qu'a écrit Lyons :
La première [recommandation] est de lancer l'offensive en dehors du gouvernement. N'oublions pas que le régime managérial est bien plus vaste que l'État ! Et une grande partie du pouvoir du régime s'exerce par ces autres canaux, et non par l'État. Pourtant, ses éléments non étatiques dépendent aussi largement de la générosité et de la bonne volonté du gouvernement – un type de soutien qui peut être plus facile à perturber que les agences administratives elles-mêmes. Parmi ces institutions figurent les universités […] et les médias grand public […]. Mais le plus important est le complexe militant-ONG-fondations, qui œuvre sans relâche pour financer et promouvoir un large éventail de causes managériales de gauche, saper la démocratie et écraser la dissidence.
Bien que nous ayons largement dépassé l'époque unipolaire américaine, les États-Unis demeurent LA puissance mondiale, et ils ont à leur tête probablement le plus grand génie politique, maîtrisant les outils de communication de son époque pour s'adresser directement aux citoyens. Si l'administration Trump prend au sérieux son mandat MAGA, qui consiste à recentrer les énergies sur la santé du pays et non sur l'expansion incessante de son empire, elle doit restructurer sa projection de puissance mondiale en ce sens. À cet égard, les tout premiers jours de l'administration étaient prometteurs, avec la révélation de ce qu'était véritablement l'USAID… un outil impérial d'assujettissement de tous les peuples de la planète, et non l'organisme bienfaiteur qu'elle prétendait être.
La diplomatie de la liberté d'expression permettrait, à tout le moins, de démanteler le réseau de censure et d'assujettissement établi hors des frontières des États-Unis grâce à des financements américains. Après l'assassinat de Charlie Kirk, elle devient une nécessité absolue pour protéger les Américains du déchaînement de violence politique.
Les mêmes forces, telles que l'Open Society Foundation, la Fondation Rockefeller, la Fondation Ford et la Fondation Tides, qui sèment la violence politique sur le territoire américain, disposent de nombreuses bases à l'étranger… et trouvent un refuge particulièrement accueillant dans le paradis technocratique européen. Pire encore, ces mêmes forces peuvent se réorganiser depuis leur exil européen pour frapper le territoire américain. L'un des moyens d'y parvenir est de cultiver une tradition de parole alternative, mieux adaptée à une démocratie contrôlée. Nous aurions d'ailleurs été très proches de voir cette tradition alternative triompher sur notre territoire si le Parti démocrate avait remporté la dernière élection présidentielle.
Si les États-Unis commencent à considérer l’Europe, y compris l’Europe occidentale, comme une force potentiellement déstabilisatrice pour leur pays, comme le faisait le bloc de l’Est pendant la guerre froide, ils doivent également aider à libérer les forces qui s’y trouvent, comme ils l’ont fait à l’époque.
À cet égard, la France constitue un cas d'école intéressant, car elle est le berceau de cette tradition d'expression alternative, comme le souligne cet article, et la diplomatie américaine de la liberté d'expression dispose de nombreux moyens et atouts pour mener ce combat sur les rivages européens. Par ailleurs, on estime à plus de 200 millions le nombre de francophones dans le monde, principalement sur le continent africain, une terre où l'influence chinoise considérable ne favorise pas vraiment la liberté d'expression à l'américaine.
Un point de départ évident est de garantir une transparence totale sur les sources de financement américaines du système de censure français. Les années sombres qui ont suivi la guerre de l'information menée par les États-Unis sous l'ère Obama sont bien documentées dans l'ouvrage de Jacob Siegel : « Un guide pour comprendre le canular du siècle.” Un point d’information particulièrement important est de révéler si l’argent américain provenant de l’USAID ou de l’Agence américaine pour les médias mondiaux a été versé à des organisations de vérification des faits françaises et européennes telles que Conspiracy Watch, Les Déconspirateurs, Les Surligneurs, ou à des entités de vérification des faits intégrées aux médias telles que Les Décodeurs (le Monde), Les Vérificateurs (TF1), etc.
Nous savons très bien que même les groupes de médias appartenant à des oligarques comme Le Monde ou Altice reçoivent de généreuses subventions de l'État français. Grâce aux révélations de DOGE, nous savons que l'ensemble du paysage médiatique de pays comme l'Ukraine a été entièrement financé par des fonds publics américains. Il existe donc de nombreux indices laissant penser que des financements américains existent pour financer le complexe de censure industrielle européen, et il est essentiel de les dénoncer.
Un autre axe de cette bataille est culturel. L'idée même d'une version officielle de l'histoire, imposée par des proclamations statutaires, des interprétations judiciaires et des appareils bureaucratiques, doit être abandonnée. Cette idée a en effet exercé une fascination malsaine sur le réseau des pouvoirs américains. Depuis son incubateur universitaire, l'idée, très anti-américaine, du discours de haine, qui assimile les mots et les pensées à l'action, a trouvé un public dans les milieux progressistes et s'est répandue comme une traînée de poudre dans tous les recoins du monde des affaires et de l'État américain.
Dans ce drame, les évolutions législatives à l'étranger, telles que les lois Pleven et Gayssot, ont peut-être été négligées, considérées comme des expériences lointaines et sans danger pour la tradition américaine de liberté d'expression. Mais ces lois ont créé un dangereux précédent qui a érodé la conception de la liberté d'expression du Premier Amendement dans le monde entier. Au moins 21 pays ont des lois sur les discours de haine et des interdictions formelles de négation de l'Holocauste et/ou d'autres génocides. Parmi eux figurent des pays de common law comme l'Australie et le Canada, devenus des nations pionnières en matière de répression des discours de haine.
Même la Pologne, pourtant socialement conservatrice, possède de telles lois. À mesure que ces lois gagnent du terrain à l'international, de plus en plus de voix aux États-Unis les regardent avec envie, et on ne peut qu'imaginer les conséquences catastrophiques qu'auraient des lois formelles sur les discours de haine dans le chaudron de la politique identitaire américaine si le Premier Amendement était interprété comme autorisant de telles restrictions de contenu.
Pour desserrer ce nœud coulant historique, la diplomatie MAGA en faveur de la liberté d'expression pourrait établir des ponts culturels transatlantiques, brandissant le Premier Amendement américain comme bouclier ultime contre les traditions imposées. Au passage, cela pourrait inciter les États-Unis à prêcher par l'exemple. Finie la tentation, pour la majorité MAGA, de s'aventurer sur le terrain miné des discours de haine, comme l'a récemment fait Pam Bondi, suscitant une vive réaction de la part de la droite en faveur de la liberté d'expression.
Nous pourrions imaginer des bourses du Département d’État transportant des historiens et des journalistes français vers des forums américains libres pour des exercices de débat sans peur, puis déposant des mémoires conjoints à Strasbourg ou des rapports de l’ONU pour faire sortir la Cour européenne des droits de l’homme de sa béquille « culturelle », en promouvant un accord franco-américain de « marché des idées » qui échangerait le consensus imposé contre une enquête ouverte.
Dans le domaine des médias, la diplomatie de la liberté d'expression devrait commencer en dehors du gouvernement américain, en promouvant une large sensibilisation à la situation des médias libres. Une première étape pourrait consister à encourager la création d'organismes de surveillance de la liberté d'expression, en tenant et en publiant un registre des sanctions imposées aux médias indépendants à l'étranger. À cet égard, il est peut-être temps pour la diplomatie américaine de modifier radicalement sa politique envers les pays européens autrefois libres et démocratiques et de transformer l'ancienne Agence américaine pour les médias mondiaux (USAG) et ses filiales (Voice of America et Radio Free Europe) en un réseau collaboratif avec des médias certifiés indépendants du monde entier, avec un réseau pilote avec des médias indépendants français.
Une véritable diplomatie de la liberté d'expression pourrait inverser la tendance en défendant des voix véritablement indépendantes comme Tocsin, TV Libertés, Frontières et QG, entre autres, comme des adversaires de la censure. Elle pourrait accueillir leurs créateurs lors de manifestations pour la liberté des médias à Washington, diffusant leurs propos sur les ondes américaines pour un écho mondial. L'administration fédérale pourrait également enquêter sur les murs de désinformation français, considérés comme des infractions commerciales, via l'article 301, négocier des exemptions indépendantes et accorder des visas aux cibles de l'ARCOM pour diffuser depuis les zones de liberté américaines, suscitant ainsi une réaction locale contre la France et les gardes du corps de l'UE.
Comme l'ont souligné le discours de J.D. Vance à Munich et les succès de Trump dans ses relations transactionnelles avec l'UE, mis en lumière par les renégociations commerciales, la dépendance stratégique de l'Europe envers les États-Unis ouvre de nombreuses perspectives à la diplomatie de la liberté d'expression. Les États-Unis pourraient s'appuyer sur une « Alliance transatlantique pour la liberté d'expression » avec la Hongrie et la Pologne pour lier les fonds de l'OTAN aux retraits de l'EMFA. Ils peuvent faire entrer la DSA/EMFA dans l'OMC en tant que blocus commercial des médias américains. Ils pourraient retenir les anciens avantages de l'UE en otage jusqu'à la faillite des Trusted Flaggers ; ils pourraient financer les poursuites judiciaires françaises contre les EBMS par l'intermédiaire d'ONG américaines. Ils pourraient injecter des « subventions d'indépendance » dans des groupes de médias privés de fonds, comme TV Liberté, et ainsi créer des filières indépendantes.
Une véritable diplomatie américaine de la liberté d'expression pourrait également alimenter une insurrection du podcast en exportant le modèle Rogan/Von/Carlson vers une Europe en difficulté, réveillant ainsi les talents médiatiques français. La diplomatie MAGA de la liberté d'expression pourrait déclencher une renaissance culturelle en parrainant des « format bootcamps » – des ateliers immersifs où des créateurs français de Tocsin, QG, Frontières ou TV Libertés, entre autres, se forment auprès de podcasteurs américains, à l'image de Rogan ou Carlson, perfectionnant ainsi l'art de l'authenticité marathonienne.
L'ambassade des États-Unis à Paris pourrait organiser des « Nuits de la vérité » pour briser les barrières d'accès, en reliant directement les voix dissidentes aux influenceurs et aux élites, contournant ainsi les cordons de velours du pouvoir technocratique. Et en défendant Substack comme un outil de souveraineté, avec une formation sur mesure pour développer l'audience, l'Amérique pourrait donner aux auteurs français les moyens de bâtir des empires de la vente directe, à l'image de Bari Weiss. Free Press ou un journalisme virtuose comme celui de Matt Taibbi Nouvelles de la raquette — rendant les seigneurs oligarchiques non seulement obsolètes, mais également sans intérêt.
Les contraintes complexes de la France – forteresses juridiques bâties sur le discours de haine, réseaux oligarchiques étouffant la diversité et échos culturels du courant dominant – imposent une harmonie supervisée par la chasse à l'expression brute. Le voile protecteur de l'ARCOM est une machine à geler. Les décrets mémoriels pétrifient le passé ; les réseaux numériques sont au cyberespace ce que les Enclosures étaient aux Communes. Pourtant, des indépendants combatifs comme Tocsin, TV Liberté, Frontières et QG jouent les David contre Goliath. Quelle est la véritable solution ? Brûler la culture jacobine, disperser la propriété, accueillir les débats enflammés. Si rien n'est fait, les États-Unis resteront les bras croisés, regardant l'Open Society et les Fondations Ford préparer la revanche des forces de la démocratie contrôlée depuis leurs bases arrière européennes.
C'est là que la diplomatie de la liberté d'expression peut jouer un rôle. Washington peut contribuer à la création d'un réseau médiatique français plus solide, en promouvant les voix indépendantes. Commencez par des victoires rapides : visas accélérés pour les talents harcelés de TV Liberté, créneaux syndiqués aux États-Unis pour Tocsin et Frontières, dénonciations d'État qualifiant les actions de l'ARCOM de péchés contre le Premier Amendement. Adaptez-vous aux grandes fluctuations : liez les fonds de l'OTAN aux séminaires de l'EMFA, financez un « Fonds transatlantique pour la vérité » avec 100 millions d'euros pour le lancement de podcasts indépendants acharnés, organisez des sommets annuels pour élaborer des technologies à toute épreuve avec les créateurs de ces médias.
En opposant le rugissement de la liberté d'expression américaine au silence de l'Europe, une diplomatie du Premier Amendement ne profiterait pas seulement à la France ; elle déclencherait une révolution mondiale contre l'autorité. La liberté de la presse n'est pas une question de bureaucratie ; elle est une question de peuple. France, à vos ordres : vos Rogans vous appellent.
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Renaud Beauchard is Journaliste français travaillant pour Tocsin, l'un des plus grands médias indépendants de France. Il anime une émission hebdomadaire et vit à Washington.
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